Bouleversement de fin de confinement …

Bouleversement de fin de confinement …

Que cette fin de confinement m’a réservé de surprises 😲

Cela faisait 2 semaines que je sentais un mal-être grandir en moi : fatigue, lassitude, manque d’entrain, goût à rien, difficultés à éteindre le soir malgré l’envie de dormir, sensation de m’éteindre doucement … Et cela a été vraiment intense vendredi au point de me dire « mais qu’est-ce qu’il m’arrive, j’ai l’impression d’être revenue en décembre quand les enfants partaient chez leur papa ??? » 😱😱 C’était inexplicable car nous étions super bien, Amalia et moi, dans notre bulle, nous nous sommes bien amusées, nous avons enrichi notre belle relation, je me suis déposée, j’ai laissé mon corps se reposer et être tout simplement …

Et puis ce week-end, j’étais en formation (à distance, évidemment) et j’ai été coachée. Il a suffit d’un mot (que j’ai immédiatement repéré comme lourd de sens tellement mon être a réagi) pour qu’un déclic s’opère, comme une clé ouvrant la porte d’une pièce dans laquelle je suis entrée et où l’on m’a montré sur un écran ce qui résonnait en moi en ce moment et depuis quelque temps … Ce confinement a ravivé les charges négatives de la fin de l’hospitalisation à domicile de Victor (j’aurais préféré les charges positives car il y en a eu et elles étaient bien plus agréables à vivre mais bon, c’est ainsi 😜) … Ces derniers temps, un parallèle s’est opéré en moi, dans mon inconscient, dans mes cellules, dans tout mon être, silencieusement, doucement et sûrement. Et forcément l’apogée a été la fin du confinement : qu’est-il arrivé à la fin de l’hospi à domicile de mon formidable loulou ? Son décès … et effectivement, ce week-end, en dehors de mes créneaux de formation, je ne pouvais m’empêcher de pleurer, de vraies chutes du Niagara … Hallucinant, grandement inconfortable, surtout quand au début, je ne comprenais rien … Quand j’ai reçu toutes ces compréhensions, par flashs, j’ai accueilli, tout était si évident …

Et effectivement aujourd’hui (ou plutôt hier vu l’heure de ma parution), 1er jour du déconfinement, mon ressenti était le même qu’au lendemain de la cérémonie de vie de Victor : je pouvais sortir de chez moi, sans trop de contraintes (hormis le masque, le choix des lieux dans lesquels je vais et des gens que je vois), libre, sans toutefois savoir où aller … J’avais du temps, j’avais cette possibilité de liberté nouvelle et je ne savais pas quoi en faire … J’ai tellement eu l’impression d’être revenue 4 mois en arrière, un truc de dingue, comme dans un film !!! Cela s’est accentué au moment d’aller au cimetière … Alors qu’avant le confinement, j’y allais détendue, m’étant habituée à cela, n’ayant même plus ce besoin express d’y aller, là, en ce 11 mai 2020, c’était si dur … J’ai dû limite me faire violence en me disant qu’il fallait que je remonte en selle sinon ce serait encore plus dur si je repoussais … Et là, à 10 mètres de l’endroit où repose le corps de mon fils, cela a été un déchirement incroyable, comme le 9 janvier 2020 … Exactement de la même façon, voir sa tombe avec son nom, rendre cela si réel, rendre l’absence physique encore plus concrète … Et là, le pire c’est qu’il n’y avait même plus toutes vos sublimes fleurs colorées, ces 2 mois de confinement ayant ravagé les compositions. Oh, ma p’tite maman chérie était passée avant moi, avait tout arrangé, avait amené une jolie plante colorée donc c’était mieux que la photo de la semaine dernière.

Même si j’en ai conscience depuis longtemps, je suis impressionnée par cette capacité qu’a le corps et l’être entier à intégrer, à cristalliser les choses … même bien profondément … et qu’il suffit d’un évènement, d’une situation (en l’occurence, le confinement) ou d’un mot pour faire émerger cela … Finalement, tout cela est une vraie chance (même si c’est lourd à vivre) car je perçois le traumatisme lié à la fin des soins palliatifs de Victor que j’ai à transcender … Peut-être que la boucle est bouclée grâce à cette fin de confinement,peut-être que je vais avoir besoin d’aide pour libérer mon corps … Me connaissant, je ne vais pas tarder à agir, me sentir bien est une priorité !

Voilà, plein de gens me disent qu’ils se demandent comment je fais car j’ai l’air d’aller bien. Je ne feins pas les choses, je vais bien, je vis pleinement, je savoure mon quotidien avec ma fille, je construis ce nouveau chapitre de ma vie, j’aime regarder des vidéos et des photos de mon fils, je parle de lui avec plaisir (je lui parle aussi) et, en même temps, je suis une mamange, mon coeur souffre grandement par moment, mon être entier a à se remettre de tout cela et cela prend du temps … Il n’y a pas dualité, tout est compatible … 💖🌟


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *